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Pour une langue française non sexiste
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Montage & design du site
Richard Montigny

Tous droits réservés© Céline Labrosse 2005  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

LANGAGE NON SEXISTE ET NORME

Un bon matin, j’ouvre le journal et j’y lis qu’ « Une otage canadienne est libérée en Irak ». Tiens ! Tiens ! Une otage ? Au féminin ?   Je   jette    un   coup   d’œil   dans   un dictionnaire : « Otage, nom masculin ». En prime, on renchérit, à la fin de l’entrée de ce mot, avec une note au ton sans appel: « Ce mot n’a pas de féminin » (Multidictionnaire, 2003).

Autre exemple : les universités regorgent de chercheurs et chercheuses… qui se dénomment par ailleurs souvent chercheures, depuis au moins les années 1970. En effet, la forme une chercheure s’est peu à peu répandue depuis cette date, à quelques exceptions près, dans les centres de recherche, les publications scientifiques, les congrès, dans le milieu, quoi ! Ouvrez, en ce jour, votre dictionnaire francophone favori, pour n’y trouver nulle trace de cette finale en –eure. Une chercheuse remporte la palme unanimement.

Flute ! Que ferais-je donc si je devais, dès demain, rédiger un texte dans lequel une universitaire mènerait des travaux de recherche ? Elle serait chercheuse ou chercheure ? Et cette citoyenne du monde prise en otage ? Une ou un otage [NDLR: une otage figure pour la première fois dans le Petit Larousse illustré 2006]?

Deux cas parmi tant d’autres, lesquels interpèlent la conception traditionnelle de la norme, cette norme que l’on perçoit trop souvent   comme   immuable,   rigide,  fixée,  dans  des ouvrages– les dictionnaires – s’apparentant à des bibles qui consigneraient le « seul » usage convenable et acceptable. Or, la réalité s’avère toute autre. Non seulement les dictionnaires divergent-ils sur une variété de points entre eux, d’une part, mais encore offrent-ils de la variation à l’intérieur de leurs propres pages pour qui en analyse le détail (par exemple, soit des dédoublements, soit l’usage des parenthèses, soit encore des mots au genre masculin uniquement pour définir des titres d’emploi). En outre, au fil des années, seules quelques modifications, trop souvent avalisées au compte-gouttes, en altèreront le contenu, d’où la réputation de conservatisme légendaire qui caractérise les dictionnaires. En réalité, la visée idéologique ainsi que les considérations administratives et commerciales de ces ouvrages normatifs ne leur permettent tout simplement pas d’être à jour.

Or, quiconque s’intéresse à la langue, à ses changements, à sa progression au fil des siècles, à la façon aussi dont elle se vit au jour le jour, est à même de constater que la langue se transforme continument sur le terrain, dans le quotidien. Les journaux, les publications gouvernementales, les revues et magazines, les livres, etc., lesquels font pourtant sans cesse appel à des équipes de révision, foisonnent de néologismes, de formes inédites, d’expressions innovatrices, de règles antérieures « réanimées », bref, d’autant d’audace que l’y consent la langue française d’ici et d’ailleurs. On notera au passage que ce sont d’ailleurs les journaux qui agissent de catalyseur de la norme aux États-Unis, en consignant le consensus social en matière linguistique.

C’est ainsi que toute personne francophone se retrouve, tôt ou tard, confrontée à opter pour l’une ou l’autre conception de la norme, à savoir celle qui palpe la réalité au quotidien et suit de près l’ensemble des usages de la communauté linguistique, ou encore celle qui accuse inéluctablement un retard d’une ou de plusieurs décennies, qui s’allie à l’élite, qui prétend enregistrer le bon usage, celui de l’« honnête homme »((Petit Robert, 1967 ). À quelle enseigne se loger ? À qui se référer?

Voilà, la question est posée. Or, si pullulent en tous lieux les ouvrages normatifs traditionnels (grammaires et dictionnaires), où donc sont rassemblées ces innombrables innovations langagières, faisant timidement ou non l’objet d’une quelconque reconnaissance par les autorités, qui émergent en tous lieux, attestant incommensurablement de la vitalité de la langue française-?

Ce site s’en veut l’une des manifestations. On y trouve ainsi quelques reflets des tentatives et percées en matière de LANGAGE NON SEXISTE, à savoir les mots, expressions et phrases que les unes et les autres avancent, tâtent, mettent en usage afin de pallier les lacunes au plan de la représentation des femmes et, dans une moindre mesure, de celle des hommes dans la langue française.

En soi, les données recueillies offrent donc une double visée :

- Révéler la vitalité incontestable de la langue française en présentant un éventail d’usages linguistiques non sexistes mis de l’avant par une panoplie de locuteurEs qui cherchent hardiment une nouvelle norme ;

- Inciter les internautes francophiles à participer à cette réflexion sur la norme en les invitant à partager leurs propres productions linguistiques innovatrices dans ce domaine avec leurs compatriotes.

En outre, les extraits colligés ont pour effet inopiné d'humaniser ces données en ce qu’ils dévoilent, autant que faire se peut, l’identité des gens mis en présence – abondamment des citoyennes - et amènent, de surcroit, le lectorat à travers un survol historique, voire un rappel de certains évènements ayant fait la manchette. Cela étant, on y (re)découvrira donc les contributions sociales, voire les exploits, les influences et les multiples actions exercées par nos consoeurs dans autant de domaines.


LA CONSTITUTION DU CORPUS


À chacune des catégories identifiées, figure un corpus, à savoir un listage de mots, d’expressions ou de phrases authentiques. Il suffit alors de cliquer sur ces occurrences afin de parvenir à la référence dont elles sont issues
(le contexte, la source et la date). Les extraits compilés ne prétendent pas représenter la première attestation du mot retenu. Par ailleurs, bien que les références québécoises s’avèrent nombreuses, on retrouvera néanmoins parfois, à titre informatif, des extraits puisés ailleurs dans la francophonie. À cet égard, et pour faire honneur à la Belgique qui agit comme chef de file, sont appliquées - également dans les citations - les rectifications orthographiques de 1990, dont la teneur est présentée sur le site www.orthographe-recommandee.info. Enfin, la liste des publications est compilée sous l’onglet "les sources des citations".


Céline Labrosse
Ph.D. en Linguistique, auteure de
Pour une langue franç
aise non sexiste et
Pour une grammaire non sexiste

info@langagenonsexiste.ca